Christine Chamson, collages et autres

Dimanche 24 juin 2018

Christine Chamson 

de 15h à 19h

Collages et autres

Les collages sont sortis de mes carnets de bord pour devenir, peu à peu, une pratique à part entière.

Je me prenais au jeu du découpage, et de l’assemblage.

Parfois je trouvais du lien entre un texte et une image, comme cette vanité accompagnée d’un extrait de L’aquarium de la nuit de Victor Hugo, ou ces cheveux accompagnés d’un  blason (poème court célébrant le corps de la femme), Le bracelet de cheveux de Mellin de Saint-Gelais (1491-1558).

La série progressait lentement par à-coups. Il faut compulser beaucoup de revues, trouver des images, des couleurs, des ambiances. Je m’organisais et créais des pochettes par thèmes, par couleurs, ainsi la mémoire opérait, je me souvenais avoir sélectionné telle ou telle image ou fragment d’image. J’associais, dissociais, les images se formaient. C’était très jouissif, obsessionnel, omniprésent !

Un midi déjeunant avec mon amie B.G, je décidais de lui montrer ces collages.

J’étais anxieuse comme à chaque fois que je dévoile une nouvelle série, je guettais des signes sur son visage. « C’est incroyable », me dit-elle, ‘ « ces collages font écho à des tableaux ou des gravures de tes séries antérieures ! »

J’étais bouche bée car je m’attendais à tout sauf à cela !

J’examinais donc mon travail sous ce nouvel angle et petit à petit je devais me rendre à l’évidence, elle avait vu juste !

Ces collages entraient en résonnance avec mes séries précédentes.

Une synthèse s’opérait, la série prenait tout son sens.

Le Christ en cellule  faisait référence à une gravure de la série des  Anatorêves  de 2005,  La naissance de Vénus  amalgamait des motifs pouvant sortir de la série du De rerum natura 2007, combinés à La naissance de Minerve de 1991,  La femme au batracien  renvoyait aux gravures des  Batraciens aquarellées  de 1991, la Vanité au cerf et au cheval mimait  Les désarçonnés  de 2012-2013, (d’après Pascal Quignard).

Météorite de chevaux ramenait aux Lucarne du ciel (tableaux faisant partie de la série L’autre côté des nuages de 2014, d’après un poème de Michel Deguy).

Une hybridation de motifs, de sujets éloignés dans le temps, était en train de naître.

Il n’y avait plus un avant et un après, l’espace temps était gommé.

 

Christine Chamson Juin 2018

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